marketing social
J’ai eu aujourd’hui le plaisir d’avoir été longuement interrogé par Mme Aurélie Schneider au sujet du marketing social. Etant moi-même dans une phase où je dois faire conaaître ma société et les produits qu’elle commercialise, la problématique d’intégrer le marketing à l’activité de mon entreprise tout en restant en accord avec les principes de l’économie sociale et solidaire se pose. Oula rien que dans la longueur de la phrase, on voit déjà que c’est un problème en soi rien que pour le formuler ^^
Je m’étais déjà un petit peu renseigné sur le sujet car cela m’intéresse énormément. Il y a beaucoup de choses à dire et je vais commencer par ce qui m’énerve le plus. J’ai remarqué que certaines personnes faisait la distinction entre marketing et communication. En effet, le marketing a une connotation mauvaise du fait des abus qu’on lui attribue, par contre je ne connais aucune entreprise ou association travaillant dans l’économie sociale et solidaire qui réfute l’utilisation d’outil de communication. Or la communication est un moyen d’informer et par conséquent d’influencer le comportement des consommateurs…. C’est exactement ce que fait le marketing : utiliser des outils de communication pour influencer les consommateurs. Je n’aimais pas le langage politiquement correct et je n’aime pas plus le langage “socialement” correct. Si on appelait un chat un chat, cela éviterait que l’on se mette des barrières… Enfin bon, on ne peut pas demander à tout le monde de bien connaître ce que l’on critique, surtout que priver un français de critique gratuite serait à la limite du crime ^^
Par contre là où je pense qu’il faut concentrer ses neurones, n’est pas la sémantique mais la manière de pratiquer ce marketing (ou communication, appeler cela comme vous voulez!). En préambule je dirais qu’un marketing bien fait se doit d’être en accord avec la population ciblée, on doit être en accord avec notre temps. Une excellente analyse Ipsos m’avait fait prendre conscience que depuis les années 80 où la consommation de masse était reine (plus je consomme, plus j’existe en tant qu’individu dans ma société, “buy to be”…bon slogan ça ^^ “acheter pour être” pour les non-anglophone ), la société a évolué pour accéder à une consommation plus responsable (je suis ce que je consomme, “show me what you are, I’ll show you what you buy”, humm moins bon le slogan). Il me semble évident que de nos jours, nous sommes beaucoup moins influençables et plus critiques envers la communication que nous adresse les entreprises. Les attentes du consommateur ne sont pas les mêmes et il faut adapter son message et la manière de le faire passer en conséquence. On en a tous marre de nos boîte aux lettres qui regorgent de fausses promotions, des coups de téléphones à 20H pour savoir si on veut changer de fenêtres, de nos boites email qui se font spammer à longueur de journée avec des messages nous promettant un plus grand penis (oui j’avoue celui là, je l’ai lu!).
Mais bon, quant on est entrepreneur, on est dans l’obligation de faire connaître son entreprise pour être rentable, gagner sa vie pour ne pas être une charge pour la société, et aider aussi tous les petits producteurs avec lesquels on travaille. Quand on sait que les prospectus, les emails de pub et les coups de téléphones sont les moyens les moins coûteux pour faire parler de soi, qu’est-ce qui nous reste? Comment faire? C’est la grande question. Pour le moment j’ai quelques propositions que j’ai mises en place dans mon entreprise :
- Au lieu de prospectus, des livrets culturels qui vont parler des produits, des artisans et de toute la chaîne de valeur pour avoir une totale transparence avec le consommateur. Livrets bien entendu réalisés par une entreprise solidaire utilisant des matériaux recyclés.
- Concernant les emails de publicités, ne pas en envoyer trop souvent (1 par mois, avec un supplémentaire pour les fêtes de Noël, saint valentin…) et tenir compte, POUR DE VRAI, des demandes de désincription.
- Dans ma communication, ne pas prendre le gens pour de moutons, ne pas mentir, et ne pas surévaluer nos produits. Mais bon il faut toujours présenter les choses sous un jour avantageux quand même! On ne va pas non plus se tirer une balle dans le pied par excès de modestie!
Voici juste quelques idées que j’ai mise en place dans ma société. Je ne prétend pas détenir la vérité ou avoir la prétention de dire que ces solutions sont les bonnes.
Pour finir quelques bouquins à lire :
- Influence et Manipulation : Comprendre et Maîtriser les mécanismes et les techniques de persuasion (Robert Cialdini)
- No Cash, No Fear ( Terry Allen)
- L’audace des entrepreneurs sociaux (Virginie Seghers Sylvain Allemand)
- le marketing social et solidaire (Antoine Pillet)
5 décembre 2007 à 17:08
Concernant la distinction entre communication et marketing, il faut reconnaître que, si on peut à peu près tout mettre sous l’étiquette de la “communication”, le marketing en est une forme bien précise. C’est l’étude des marchés, qui se matérialise en effet souvent dans un mouvement bilatéral d’informations (sondages, enquêtes… dans un sens, publicité et opérations de communication dans l’autre), mais qui peut aussi donner lieu à des actions stratégiques qui vont bien au-delà de la simple communication (modification de gammes, création de nouveaux produits, etc.). Après, il est clair que dans le cadre d’une entreprise, dont l’intérêt premier (parfois unique) est le profit financier, le marketing guide toute forme de communication émise.
22 janvier 2008 à 22:19
Dans mes cours de tourisme, et oui je suis une pro du tourisme !, nous avons été formé au marketing mix :
- un produit
- pour une cible
- avec un mode de distribution
- et un support de communication.
Je garde toujours cette règle à l’esprit et j’essaie aussi d’avoir une approche client dans tout ce que j’entreprends. Pour l’instant, cela m’a plutôt réussi…Et c’est aussi grâce à cela que j’ai créé Aboneobio.
Je pense essentiel d’être à l’écoute du marché. Actuellement on est dans une phase de “réalliance” (c’est pas moi qui l’ai inventé ce nom ! ) où l’on cherche à être plus en phase avec les autres, avec la planète, et aussi avec ses propres valeurs qui ne demandent qu’à s’épanouir.
Il faut des entrepreneurs qui osent proposer des offres alternatives pour répondre à ces besoins sous jacents, même si ce n’est pas évident de tenir à coté des majeurs !
23 janvier 2008 à 19:06
tout a fait d’accor davec toi Laurence avec la phase de “réalliance”, c’est ce que j’ai voulu exprimer dans ma recherche de slogans anglophones